Comme je croyais avoir terminé la soirée, le téléphone se met à sonner Je n’ai pas envie de répondre, mais je suis payé pour travailler pour les gens. Là, ce ne sont pas des gens, c’est mon Boss. Il est sur St Jacques près de Cavendish à surveiller un camion de location stationné sur le terrain d’un garage Iranien. On ne peut que se rejoindre, que par portable. Comme il est le plus près, c’est lui qui nous guide. Selon lui, deux filles de couleur sont entrées dans le garage et elles sont là depuis un bon trente minutes.
-Tu veux faire quoi?
-Attendre un peu.
Je veux bien attendre, mais donnes moi une bonne raison. Là, je nage dans la mélasse. Le répartiteur nous annonce que le 15-92, est disponible et qu’il vient nous rejoindre. Malheureusement, il est sur un autre canal et il ne sert à rien. Tout à coup, je les vois… devant moi. Donc le temps de se causer, nous passons en mode… Va falloir se causer.
Tout à coup, mon portable résonne.
-Les passagères montent dans leur camion loué. Ça part.
Puis plus rien. Réjean fait le tour, on appelle le 15-92, pas plus de réponse. On cherche, mais là c’est la merde. Personne ne semble être proche et je ne sais plus où aller. Alors chauffeur, en route pour l’écurie. Réjean est heureux, il est fatigué de la veille et n’a pas l’idée de la défaite, cette sensation qui nous fait détester l’échec. Mais bon, tout le monde n’est pas fou comme moi.
Alors que nous allions rentrer, les gars du 15-92, communiquent avec nous, ils sont au centre-ville. Réjean me regarde.
-Direction centre-ville.
Nous voilà en pleine course sur Ville-Marie. Nous avons encore une fois perdu la communication avec le 15-92, mais cette fois, je vais le trouver ce camion!
-Monte jusqu’à Sherbrooke.
Patient, Rejean ne dit rien et roule. Tout à coup, sur la rue Sherbrooke, qui est devant nous? Ouais, le camion loué.
-Ok Rejean, on passe devant, et tu lui coupe le chemin.
Comme je lui dis ça, le camion se tasse pour se stationner.
-On l’intercepte… place toi en angle.
Je descends de la voiture, ma plaque en main. Il ne pourra pas fuir. Ouais, rien ne va fonctionner. Le jeune recule dans une BMW, puis il fonce vers moi, plein gaz. Je n’ai que le temps de me coller contre la voiture, le grand miroir me manque de peu et ma porte n’est plus qu’un souvenir. J’entends Réjean qui beugle sa vie à l’intérieur, il me croit mort. Je saute dans la voiture en criant.
-Va le chercher…
Nous voilà en pleine course derrière le camion blanc, qui tourne sur la rue Guy et lui et nous, sommes nez à nez, sauf, que nous faisons face à la circulation montante. Je regarde le chauffard et sourit, tu ne vas pas m’échapper bonhomme.
Mon partenaire continue à rouler et finalement le dépasse.
-Tu freines sous le tunnel.
Réjean se prépare à stopper, mais l’autre en arrière nous devance. Stoppant le camion pour sauter et courir. Je fais de même… Mais il a pris de l’avancel’animal. Rejean doit courir après les deux filles. De mon côté, je me retrouve dans une ruelle sans luminosité. Je suis à bout de souffle, il fait noir et si le jeune pouvait juste sourire un peu, je le verrais. De guerre lasse je retourne à la voiture et m’assois. Réjean arrive à l’auto, sors ses clés et déverrouille sa porte. Je le regarde sans dire un mot… Puis
-Tu as barré ta porte?
-Un reflexe.
Mon pauvre partenaire sourit de malaise.
-Tu as suivi les filles?
-Non je courrais après le conducteur.
Notre Boss arrive et regarde notre voiture. Moi je suis déjà dans le camion à fouiller. Une carte de crédit platine, un nom qui ne va pas avec les jeunes.
Je m’arrange avec mon boss, pour ramasser Rejean, faire remorquer la voiture et moi, je pars avec le camion, direction garage Iranien.
Quelques minutes plus tard, je me retrouve devant deux hommes peu réceptifs à mes questions.
-Bon… Vous voulez la jouer comme ça. Je reviens avec dix policiers et un mandat de perquisition. Nous allons fouiller le garage, la cour, la cabane du chien… On va bien trouver des trucs pas nets.
-Vous… pas le droit… faire ça!
-Et? Mieux que ça… nous allons y passer la semaine.
Cette fois, le propriétaire devient réceptif. Il m’explique, que les deux filles veulent acheter une voiture. Elles ont vu la Saab dans la cour et elles veulent la prendre pour $6,000.
-Dès que tu as des nouvelles d’elles, je veux le savoir à l’instant.
-ok…
Je lui laisse ma carte et ajoute mon numéro de portable. Il ne me reste qu’à attendre.
Là, je rencontre l’agence de location. Effectivement, une dame avec une carte Platine a loué le camion pour deux jours. De retour au bureau, j’appelle la victime. Quel accueil ! Elle est en furie, je la dérange, elle en a que faire de ce vol.
-Je pars demain pour l’Espagne, j’ai trois cartes Platine, pensez-vous que j’ai le temps de m’occuper de ça? Je lui explique que les voleuses ont aussi pris $3,000 sur la carte.
-La banque à juste à assumer.
CLIC.
Le reste de la nuit se passe à faire les rapports. Il est plus de trois heures du matin quand je retourne à la maison, je suis lessivé et je dois retourner au travail, dans quelques heures.
À suivre.