Décembre 90. Un ado en colère contre son père divorcé, est venu voler à la maison. Mais le vol concernait surtout plus d’une cinquantaine de pistolets automatiques, des fusils d’assaut et carabines, un manteau de vison, une télé, etc. Je ne travaillais pas sur l’affaire, mais mon lieutenant détective, prit la décision de me jumeler avec un nouvel enquêteur. Je devais lui enseigner le terrain et lui selon mon Boss… la bonne façon de travailler. Quelle farce…
Alors cette journée-là, Réjean mon nouveau partenaire, se sentant pris entre l’arbre et l’écorce, me laissa la conduite de l’enquête. Donc, dans l’après-midi,comme nous avions certaines adresses, en fait, non, une certaine adresse.Quelques minutes plus tard, je me présentai à la porte, avec mes bottes hautes, un perfecto marqué corrosion of Conformity et un kéfié palestinien. Le pauvre garçon figé de peur, nous laissa entrer.
-Salut Victor, tu sais ce que je cherche, n’est ce pas?
Sans dire un mot, le jeune homme ouvrit un tiroir dans la cuisine, pour me faire voir six pistolets automatiques.
-Et les autres?
-J’en ai pas d’autres.
Long moment de silence… je lui fit ce petit sourire, qui demande une explication.
-Heu… les autres c’est Johnny qui les a dans le coffre de sa voiture.
-Il est ou Johnny?
Le pauvre Victor est au bord de la crise de nerf… Le bonhomme devant lui, avec son air tordu, le rend mal à l’aise.
-Au travail… au magasin de son père.
-Tu attends quoi pour l’appeler?
Le pauvre cherche nerveusement son portable, puis le numéro… Enfin.
-Je lui dis quoi?
Je prends son portable et Johnny répond.
-Salut… tu as quinze minutes pour te rendre chez Victor, avec les armes… sinon plusieurs voitures de police vont encercler le magasin de tapis de ton père… Il ne va pas aimer ça. Quinze minutes… pas plus.
Le pauvre jeune, à son arrivée devant chez Victor, la fumée sortait des freins avant. Je ramassais cette fois, neufs autres pistolets. Il en manquait encore.
Ce brave Johnny se fit un plaisir de me donner l’adresse des autres amis. Ils demeuraient près du pont Jacques Cartier, rue Huron, au-dessus d’un repaire de motards. Il nous restait à s’y rendre.
Maintenant que nous sommes sur les lieux, Réjean commençait à devenir mal à son aise.
-On pourrait demander du renfort!
-Pour des enfants?
Je le rassurai, en téléphonant directement aux trois gus à qui je dirai : vous êtes cernés par la police, sortez les mains en l’air. La sortie se fit à la course.
Une fois les trois jeunes sur la galerie, les mains dans les airs, Réjean et moi grimpons les marches et :
-Salut les copains… je viens ramasser les armes et le reste…
Un des trois jeunes posa une question bien pertinente.
-Vous avez dit qu’on était cernés!
-Regarde comme il le faut .. mon partenaire est à votre droite… et moi à votre gauche… donc vous êtes cernés.
C’était imparable.
Le reste fut simple, les trois gus, transportèrent tous les effets dans notre voiture. Armes, manteau, télé, etc. Je leur donnai ma carte… en disant : On se verra demain.
La soirée se terminait au bureau à identifier les numéros de série et les innombrables rapports. Pourtant, non, la soirée se finirait tard durant la nuit.
Vous connaitrez la suite au prochain blog.
Ce soir là, mon boss était en route pour chez-lui, quand il a vu un truc bizarre. Une camionnette louée dans le fond d’un stationnement de garage. Le conducteur semblait avoir à peine seize ans. Nous n’avions rien pour agir. Le boss n’avait pas de radio, encore moins de Walkie-talkie. Il lui restait le portable. On eut la chance d’avoir avec nous, deux gars en civil, pour nous appuyer.